EXPOSITION AU CHÂTEAU DE BRAY
DE 22 GEMMAUX DE PABLO PICASSO

Picasso fait naître l’Art des Gemmaux…
Cette fabuleuse aventure du Gemmail n’aurait jamais pris une telle ampleur, si la rencontre de Jean Crotti , Roger Malherbe et le Maître Picasso n’avait jamais eu lieu, la magie du talent de l’artiste ainsi que celle de la lumière de cet art était fait pour sublimer ce nouveau moyen artistique.
Les premières rencontres eurent lieu vers la fin de l’année de 1954, Jean Crotti ami de Cocteau fut introduit par celui-ci lors d’un après midi d’Automne à la Californie à Cannes, Jean et Roger expliquèrent précisément l’immense possibilité de leur invention, Picasso toujours en quête de nouveauté eut de suite cette vision de lumière, et ensemble ils décidèrent de faire un premier Gemmail, le premier fût donc choisi se serait " La femme assise dans un fauteuil d'osier" œuvre de 1944.

Le peintre Van Dongen et Roger Malherbe devant "La femme assise dans un fauteuil d'osier" le 1 er Gemmail de PICASSO Pablo
Cette rencontre décida Roger Malherbe à créer son atelier et ainsi celui-ci fut ouvert de suite sur Paris en cette fin d’année 1954.
Picasso, conquis par cette nouvelle technique, suivit la réalisation de celui-ci minutieusement, voulant s’essayer à la découpe des morceaux de verre mais se travail d’artisan gigantesque n’était vraiment pas fait pour lui plaire, trop long et répétitif il laissa le soin de le réaliser à l’équipe de Roger Malherbe, qu’Edith Piaf surnomma plus tard les " Mômes du Gemmail ".
En ce début de 1955, la première œuvre fût enfin achevée, le professionnalisme du maître obligea souvent l’atelier à de nombreux changements appliquant les désirs de l’artiste pour arriver à la perfection digne de son génie. L’œuvre enfin terminée Pablo Picasso apposa alors sa signature.

Pablo Picasso choisit alors 60 tableaux parmi ses œuvres majeures réalisées depuis 1901. C’est ainsi qu’entre 1955 et 1957, soixante tableaux de Pablo Picasso furent réalisés en utilisant la technique de la lumière : le Gemmail. L’artiste suivit la création de chaque pièce au fur et à mesure de l’avancement de ce travail pharaonique.

Petite anecdote :
Pour détendre les jeunes Gemmistes, ils se retrouvaient tous ensemble à Cannes chez Jean Cocteau ou chez Picasso, où ils imaginaient les plus invraisemblables projets. Picasso, adorant la corrida et les taureaux emmena un jour les gemmistes et quelques amis à une corrida en Provence. L’un deux eut l’idée d’amener un chalumeau et son attirail portatif de filage de verre…

Les taureaux de toutes tailles, en verre filé ou soufflé, sortaient de ses mains sous l’œil ébahi des badauds ; Pablo qui adorait ces exhibitions et la dextérité de l’artiste, se mêlait aux pitreries du présentateur et des assistants. Epater l’interlocuteur était la seule chose essentielle, et chaque pièce de verrerie, créée de chic, faisait par sa taille, de plus en plus invraisemblable monter la surenchère.
Picasso, coiffé d’un chapeau de paille mexicain, mimant le toréador excitait la foule. Un taureau cristallin de plusieurs kilos sortit des mains de notre artiste étonné lui-même de sa performance disait : dépêchez- vous ou il est à moi…
Ces inoubliables années de création furent ponctuées par une grande rétrospective qui fût présentée et organisée à Paris à la grande Galerie par Jean Cocteau en 1957. Le tout Paris était présent à l’inauguration qui connut un vif succès dans la presse.
Picasso s’amusait follement du remous provoqué, dans la presse par sa découverte.
" Non Môssieur ", dit il à un journaliste éberlué, qui le rapporta au Tout Paris de l’époque : " ce ne sont pas des copies, mais des hommages, cela vaut beaucoup plus cher ".
Pablo Picasso avait raison ses gemmaux s’acquirent entre 7000 et 10000 $ par de grands collectionneurs comme Raymond Loewy, Rockeffeler en 1957.

Les grands noms de la peinture contemporaine comme Georges Braque, Rouault, Van Dongen utilisèrent ensuite cette technique pour réaliser des œuvres…
Picasso avait fait naître l’Art des Gemmaux…
Article du Time en date du 25 mars 1957
